
Projet RECASE Badiar


Rétablir des espèces d’arbres sacrés comestibles au Badiar

Une jeune-mère Badiaranké participant au regarnissage de la forêt communautaire de Sounkoutou (Saréboido)
Dans le cadre de la poursuite de sa mission régalienne, l’ONG AGEDD bénéficie du financement de la Fondation Wedgetail (Tasmanie, Australie) pour la réhabilitation et la conservation d’espèces d’arbres sacrés comestibles au Badiar, Préfecture de Koundara. Découpé en deux phases (mai - octobre 2026, et novembre 2026 – octobre 2027), ce projet se déroule dans trois (3) villages de la sous-préfecture de Sambailo et trois (3) autres villages de la sous-préfecture de Sareboido.
Intitulé « Réhabilitation et Conservation des Aliments Sacrés du Badiar (RECASE-Badiar) », ce projet vise grâce à des conventions locales qui seront élaborées à cet effet, à renforcer la propriété, la gestion et la gouvernance de 300 hectares de forêts communautaires, de parcs agroforestiers et de forêts sacrées.
Plus de 300 leaders communautaires y assisteront avec l’appui des agents du parc national du Badiar à une centaine de séances de sensibilisation pendant lesquelles des manuels de conservation de la nature fondée sur le savoir endogène des peuples autochtones seront élaborés et utilisés. Ces acteurs participeront également à la régénération naturelle assistée de plus de 3000 plantes-mères de cinq (5) espèces d’arbres sacrés comestibles, à la réhabilitation de 2000 sauvageons dans leur habitat naturel, et à la plantation dans des pépinières villageoises et scolaires de plus de 10000 plants d'espèces endogènes menacées en vue de reboiser leurs forêts communautaires, parcs agroforestiers et forêts sacrées.
Durant la mise en œuvre du présent projet, au moins sept (7) forêts communautaires, parcs agroforestiers et forêts sacrées seront délimités, cartographiés et cogérés, et obtiendront leur reconnaissance officielle.
A termes, ce projet léguera, entre autres, à tout conservateur de la nature en Guinée et d’ailleurs des copies de conventions locales adaptées, des manuels de conservation durable fondée sur le savoir local des peuples autochtones, et une banque de semences d’espèces sacrées comestibles.

"Il y a quelques années j'ai constaté comme tout le monde d'ailleurs que dans nos forêts la collecte de cabosses de Carapa (Carapa procera) que les chimpanzés consomment et que nous utilisons pour extraire de l'huile était une source de vifs conflits entre nous et les chimpanzés. Je me suis dit qu'il fallait planter cette espèce sauvage dans mon champ prés de mon village et c'était une expérience que tout le monde trouvait ridicule. J'ai aujourd'hui plus d'une dizaine de plants (de Carapa) que j'ai planté moi-même et qui produisent beaucoup de cabosses. Je suis heureuse de savoir que le projet (RECASE Badiar) fait la promotion de ce que je pratique dèjà et qu'il aidera à documenter ces actions pour leur pérénisation".
Productrice d'huile de Carapa dans le Badiar

